La Seine-et-Marne -le plus vaste des départements d'Ile de France- fut le berceau de toute une pléiade de musiciens :
Philippe DESLOUGES dit Philippe VERDELOT ou parfois VERDELOTTO en Italie, considéré comme un des pères du madrigal de la Renaissance italienne, est né à Verdelot vers 1480, Nicolas SIGNAC compositeur d’airs de Cour et de psaumes, est né à Bray-sur-Seine vers 1585, Antoine PARRAN, compositeur et théoricien de la musique est né en 1587 à Nemours, Louis COUPERIN auteur de nombreuses pièces de clavecin et d'orgue, oncle de François " le grand ", est né à Chaumes-en-Brie en 1626, Nicolas GIGAULT organiste et compositeur, est né à Claye-Souilly en 1627, Nicolas-Gilles FORQUERAY organiste de la chapelle de Louis XV, est né a Chaumes-en-Brie en 1703, Pierre de LA GARDE chanteur et compositeur de la Chambre du roi Louis XV, est né à Crécy-en- Brie en 1717, Louis BRAILLE organiste aveugle qui laisse son nom à son système de lecture pour les non-voyants, est né à Coupvray en 1809, Gustave LEFEVRE, compositeur, pédagogue et directeur de l’Ecole Niedermeyer, est né à Provins en 1831, Paul VERONGE DE LA NUX pianiste et compositeur, Premier Grand Prix de Rome en 1876 est né à Fontainebleau en 1853, Paul VIARDOT violoniste, compositeur et musicologue, est né au Vaudoy-en-Brie en 1857, Gaston CARRAUD compositeur, Premier Grand Prix de Rome en 1890, est né au Mée-sur-Seine en 1864, Joseph SAMSON compositeur, directeur de la Maîtrise de la cathédrale de Dijon, est né à Bagneaux-sur-Loing en 1888, Marcel JACQUINOT pianiste concertiste international, est né à Fontainebleau en 1893, Raphaël FUMET compositeur, est né à Juilly en 1898, Paul BONNEAU, compositeur, chef d’Orchestre à la Radio puis à l’ORTF, est né à Moret-sur-Loing en 1918, Adrienne CLOSTRE compositrice Premier Grand Prix de Rome en 1949, est née à Thomery en 1921, Régis PASQUIER célèbre violoniste est né à Fontainebleau en 1945, Jean-Paul LECOT compositeur maître de chapelle des sanctuaires de Lourdes est né à Provins en 1947, Anne-Marie BARAT organiste concertiste est née à Fontainebleau en 1948, et plus récemment Denis COHEN né à Tournan-en-Brie en 1952, Philippe MION né à Coupvray en 1956, Guillemette LAURENS née à Fontainebleau en 1957, Valéry AUBERTIN né à Lagny-sur-Marne en 1970, Jean-François NOVELLI né à Fontainebleau en 1970, Pascal AMOYEL né à Rozay-en-Brie en 1971, EmmanuelBOULANGER né à Fontainebleau en 1973, Julien CHAUVIN né à Fontainebleau en 1979 ou Julie FUCHS née à Meaux en 1984.
Sans oublier l'organiste, maître de chant de la reine, compositeur et musicologue originaire de la Brie Guillaume-Gabriel NIVERS né en 1632, probablement Melunais ou Provinois, les sources n'étant pas toujours concordantes.
Certains musiciens vécurent en Seine-et-Marne, nombre d'entre eux y venaient régulièrement en villégiature, d'autres y trouvent leur dernière demeure.
Ce département étant très étendu, nous nous bornerons ici à ne parler que des musiciens qui séjournèrent dans le sud de la Seine-et-Marne.
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"Quand voirrons-nous quelque tournoy nouveau ? Quand voirrons-nous par tout Fontainebleau De chambre en chambre aller les mascarades ? Quand oirrons-nous au matin les aubades ?
De divers luths mariés à la voix Et les cornets, les fifres, les hautbois, Les tambourins, les flûtes, épinettes Sonner ensemble avecque les trompettes ? "
Ronsard
Un sonneur de Cor en forêt de Fontainebleau.
Au XVI° siècle, le château de Fontainebleau accueille pour divertir la Cour les plus célèbres auteurs de chansons de l'époque : Roland DE LASSUS, Claudin DE SERMISY et Clément JANEQUIN.
Le château de Fontainebleau.
En 1555, Pierre CERTON auteur de psaumes, de motets et de plus de 200 chansons est chapelain de Notre-Dame de Melun, tandis qu'en 1571, Eustache DU CAURROY, maître de chapelle d'Henri IV, est prieur de Saint-Ayoul de Provins.
L'église Notre-Dame de Melun dont Pierre Certon fut chapelain.
Sous Henri IV, les musiciens officiels Pierre GUEDRON, Jacques MAUDUIT ou encore Anthoine BOESSET jouent leurs airs de cour et entrées de ballet dans la salle de Bal ou la salle de la Belle cheminée au château de Fontainebleau.
La salle de bal du château de Fontainebleau
Vers 1585, Nicolas SIGNAC, compositeur d’airs de cour et de psaumes, qui deviendra musicien de l’évêque de Toul, naît à Bray-sur-Seine.
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Château de Fontainebleau : la chapelle de la Trinité. François Couperin y jouait l'orgue construit par Clicquot.
Aux XVII° et XVIII° siècles, la Cour vient régulièrement tous les ans à l'automne –période des chasses- au château de Fontainebleau. A cette époque et jusqu'à la Révolution, les musiciens du roi sont répartis en trois groupes : la Chambre, l'Ecurie et la Chapelle.
Cette demeure royale reçoit ainsi Jean-Baptiste LULLY qui y crée, entre autres, le " Ballet des Saisons " le 23 juillet 1661, mais aussi Marc-Antoine CHARPENTIER, Michel-Richard DELALANDE, Marin MARAIS et François COUPERIN qui tient l'orgue de la chapelle royale de la Trinité.
L'orgue actuel de la chapelle de la Trinité construit en 1772 par Cliquot
Le 17 août 1661, Jean-Baptiste LULLY est à Vaux-le-Vicomte. Ce soir-là, le propriétaire du château Nicolas Fouquet donne une fête somptueuse (qui provoqua sa disgrâce) pour accueillir le jeune Louis XIV. Lully et Molière y présentent pour la première fois la comédie-ballet « Les Fâcheux ».
Revenons au château de Fontainebleau où le 9 septembre 1677 on célèbre le baptème du premier né de LULLY : Louis. Le Roi et la Reine en sont le parrain et la marraine. Pour cette occasion on chante dans la chapelle haute Saint-Saturnin un « Te Deum » écrit tout exprès par le père du baptisé.
L'acte de baptème de Louis Lully à Fontainebleau,
en bas la signature de Jean-Baptiste Lully.
En 1681 le compositeur italien Paolo LORENZANI (qui vécut seize ans en France) y crée en présence de Louis XIV sa pastorale "Nicando e Fileno" sur un livret du Duc de Nevers, le neveu de Mazarin.
A la fin du XVII° siècle, des concerts intimes sont donnés dans les appartements de Madame de Maintenon pour distraire le roi, avec des les éminents musiciens que sont Robert de VISEE guitariste, René DESCOTEAUX flûtiste, Antoine FORQUERAY violiste et Jean BUTERNE organiste.
Château de Fontainebleau : les appartements de Madame de Maintenon
En septembre 1725, on y joue « Le retour des Dieux sur la terre » composé par François COLIN DE BLAMONT à l’occasion des festivités du mariage de Louis XV.
C’est ce même roi qui séjournant au château accorde le 22 octobre 1733 le privilège royal de six années pour faire " graver, imprimer et donner au public plusieurs Sonates et autres ouvrages de musique instrumentale de sa composition " au violoncelliste virtuose Jean BARRIERE.
Plus tard, dans l'aile de la Belle Cheminée, Jean-Jacques ROUSSEAU crée son opéra bouffe " Le Devin du Village " le 11 octobre 1752.
Château de Fontainebleau : l'aile de la belle cheminée où fut créé le " Le Devin du village " de J-J. Rousseau en 1752.
En 1777, la Reine Marie-Antoinette fait venir son ancien professeur de clavecin et de chant à Vienne Christoph Willibald GLUCK dont son opéra "Iphigenie" est donné le 30 octobre.
Plus tard, c'est André-Ernest-Modeste GRETRY qui crée son opéra-ballet " La Caravane du Caire " le 30 octobre 1783.
Vers les années 1790, le compositeur, organiste et claveciniste lorrain Jean-François TAPRAY se retire à Fontainebleau après avoir été « maître de clavecin » à Paris et nommé Organiste de la Chapelle de l’Ecole Royale Militaire en 1768.
Arrivé à Fontainebleau en pleine période révolutionnaire, il dirige plusieurs fois, notamment en 1793 et 1794, des Choeurs avec Orchestre pour les célébrations patriotiques dans l’Eglise Saint-Louis devenue Temple de la Raison.
L'église Saint-Louis de Fontainebleau
Calendrier des musiques données au château de Fontainebleau sous l'ancien régime :
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En 1804, Hortense de Beauharnais achète un magnifique piano-forte en acajou, oeuvre d'ERARD Frères, que l'on peut voir dans les petits appartements de l'empereur au château de Fontainebleau. On ignore quel musicien célèbre a pu jouer cet instrument. Par contre, on sait qu'en 1810, lors du séjour de Napoléon 1er, c'est le compositeur Jean-François LESUEUR qui dirige plus de quatre-vingt musiciens et chanteurs pour les concerts.
Le piano-forte Erard Frères au château de Fontainebleau
A la fin de sa vie, entre 1828 et 1831, après avoir transmis la direction de son entreprise à son fils Camille, le compositeur, éditeur de musique et fabriquant de pianos Ignace PLEYEL se retire à Samoreau. Il mourra à Paris en novembre 1831 où il retournait chaque hiver.
Le 2 juin 1831, le compositeur et pédagogue Gustave LEFEVRE naît à Provins. Il sera directeur de l’Ecole NIEDERMEYER à Paris fondée par son beau-père. Ayant gardé sa propriété la Villa Les Courtils à Provins, il y réunira souvent sa famille musicienne élargie ; les LEFEVRE, BOELLMANN, GIGOUT (sa fille aînée a épousé Léon BOELLMANN et sa belle-sœur Eugène GIGOUT). Plus tard on trouvera son petit-fils Henri HEURTEL et son arrière petite-fille Marie HEURTEL organistes de Saint-Aspais de Melun entre 1925 et 1981.
Le compositeur allemand Jean-Joseph KENN, professeur de Cor au Conservatoire de Paris meurt à Fontainebleau le 16 février 1840 où il habitait au 9 Rue de la Cloche.
La maison où habitait Jean-Joseph Kenn à Fontainebleau
En 1849 l'académicien Ernest Legouve achète la villa "Maison Rouge" route de Nandy à Seine-Port qu'il occupera tous les étés jusqu'en 1903. ll y reçoit très souvent Charles GOUNOD et également le mari de sa petite-fille Emile PALADILHE pour qui il écrira le livret de son opéra-comique L'amour Africain. A la même époque, dans une autre propriété de cette commune, l'actrice Virginie Déjazet reçoit régulièrement de compositeur Adolphe ADAM.
La route de Nandy à Seine-Port
Dans la seconde moitié du XIX° siècle, Ambroise THOMAS venait souvent en villégiature à Veneux-lès-Sablons chez son frère Charles (violoncelliste à l'Orchestre de Paris) dans la villa sise 150 Avenue de Fontainebleau.
La maison de Veneux-lès-Sablons où Ambroise Thomas séjournait.
Le 8 octobre 1866, Jules MASSENET épouse Louise-Constance de Grécy en l'église Saint-Pierre d'Avon (avec parmi ses témoins l'éminent violoniste Jules ARMINGAUD). Sa belle-mère possédant dans cette ville une maison agrémentée d'un jardin, au 64 avenue Franklin Roosevelt, il y viendra souvent, c'est là qu'il composera l'ouverture de "Phèdre", "Le Roi de Lahore", les "Scènes Alsaciennes"...
L'église d'Avon dans laquelle Jules Massenet se maria en 1866 .
"Le 8 octobre, mon mariage se fit dans la vieille petite église du village d’Avon, près de Fontainebleau, Le frère de ma femme et mon nouveau cousin, l’éminent violoniste Armingaud, créateur de la célèbre société de quatuors, furent mes témoins. Il y en eut d’autres cependant. C’était une compagnie de moineaux qui avaient passé par les vitraux en mauvais état et qui piaillaient à qui mieux mieux, à ce point qu’ils nous empêchèrent presque d’entendre l’allocution du brave curé. Ses paroles furent un hommage attendrissant adressé à ma nouvelle compagne, et un encouragement pour mon avenir si incertain encore. Au sortir de la cérémonie nuptiale, nous allâmes nous promener à pied dans la belle forêt de Fontainebleau. Là il me semblait entendre, au milieu de la magnificence de cette nature toute en verdure, empourprée des chauds rayons d’un bon soleil, caressée par le chant des oiseaux, le tendre et grand poète, Alfred de Musset, me dire : Aime et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore".
Massenet Mes Souvenirs (1912)
Plaque commémorative sur la maison de la belle-mère de Massenet.
La maison de la belle-mère de Massenet à Avon.
Lorsque la France déclare la guerre à la Prusse en juillet 1870, Georges BIZET se trouve à Barbizon avec sa jeune épouse à l'auberge Ganne où il travaille la partition de son opéra-comique "Griselidis", composition interrompue vu les évènements, par son retour à Paris pour s'engager dans la Garde Nationale.
L'auberge Ganne à Barbizon où a séjourné Georges Bizet
A partir de 1870, les soeurs HENRY artistes lyriques: Clarisse épouse Sainte-Foy et Laure, se retirent de la Société des concerts du Conservatoire de Paris et achètent une maisonnette à Barbizon où elles s'installent définitivement. Elles reposent au cimetière de cette commune.
La tombe de Clarisse Henry épouse Ste-Foy et de Laure Henry au cimetière de Barbizon
En 1873, le chef d'orchestre et compositeur Olivier METRA auteur d'opérettes et de ballets fait édifier une maison (Villa des Roses) en bord de Seine à Bois-le-Roi. Mort en octobre 1889, il repose au cimetière de ce village.
Le monument Olivier Métra au cimetière de Bois-le-Roi.
Née en 1875, la violoniste Suzanne CHAIGNEAU (fille du peintre Ferdinand Chaigneau) passe son enfance entre Barbizon et Paris. Membre du Trio Chaigneau, elle écrit un ouvrage sur le violon "l'art d'étudier" et fonde à Paris l'Institut moderne du violon. Elle est la mère de la cantatrice Irène Joachim.
Plaque sur la tombe de la famille Chaigneau au cimetière de Barbizon
Le 4 février 1883, la soprano Eugénie RIGAUT meurt en son domicile 74 rue de France à Fontainebleau. Artiste sociétaire de l’Opéra-Comique de Paris, elle y a fait une belle carrière créant de nombreux rôles. Dix ans plus tôt c’est son époux François Liberté RIGAUT professeur de chant et de vocalisation au Conservatoire de Paris qui décédait ici. Ils reposent tous les deux au cimetière de Fontainebleau.
La maison 74 rue de France à Fontainebleau où habitait la soprano Eugénie Rigaut
Le 14 août 1887, le chef d'orchestre Jules PASDELOUP meurt à Fontainebleau où il habitait 9 rue de l'Arbre Sec. Il avait fondé en 1861 le fameux orchestre et les concerts qui portent aujourd'hui son nom. Il est inhumé au cimetière de la cité impériale.
La tombe de Jules Pasdeloup au cimetière de Fontainebleau.
Le 21 mars 1888 nait à Bagneaux-sur-Loing le compositeur Joseph SAMSON. Après des études au Conservatoire de Paris avec d'Indy et Widor, il sera d'abord Maître de Chapelle de la cathédrale de Versailles puis Directeur de la Maîtrise de la cathédrale de Dijon.
En 1889, Gabriel FAURE est l'hôte de la comtesse Greffülhe dans sa propriété de Bois-Boudran à Fontenailles. A son retour à Paris, il la remercie dans une lettre d'avoir trouvé dans son parc l'inspiration qui lui permit de composer le Nocturne de Shylock.
Le château de Bois-Boudran où a séjourné Gabriel Fauré
Victime d'un accident de fiacre à Paris, César FRANCK vient en convalescence à Nemours pendant l'été 1890 chez sa cousine Claire Brissaud au 21 Rue Léon Daunay, au bord du canal du Loing, où il compose son 1er Choral pour grand orgue, esquisse le 2ème et le 3ème, et écrit 63 pièces pour harmonium.
La maison dans laquelle séjourna César Franck à Nemours en 1890.
A Thomery dans le quartier de By la maison située à l’angle de la place de la Grand Cour appartenait à la fin du XIX° siècle à la famille d’artistes Grivot. Antoine François Jules GRIVOT, ténor, a effectué l’essentiel de sa carrière à l’Opéra-Comique. Son épouse Laurence (de son vrai nom Marie LAURENT) d’abord chanteuse d’opérette, interprète régulière d'Offenbach, avant de devenir artiste dramatique, est morte prématurément dans cette maison le 5 Juin 1890. Ils reposent tous les deux au cimetière de Thomery.
La même année, Ernest REYER loge à Bourron-Marlotte avec la cantatrice Rose CARON à l'auberge du Sabot Rouge 37 Rue Mürger où il compose son opéra "Salammbô", pendant que le violoniste espagnol Pablo DE SARASATE habite au 14 Rue Ciceri.
L'auberge du Sabot Rouge, devenu hôtel Renaissance puis hôtel Mallet à Bourron-Marlotte
La maison occupée par Pablo de Sarasate rue Cicéri à Bourron-Marlotte
Entre 1890 et 1895 la célèbre soprano lyrique de l’Opéra de Paris Caroline MIOLAN-CARVALHO est plusieurs fois l’hôte de Rosa Bonheur dans son château à Thomery. Elle chante devant son amie en s’accompagnant au piano Erard.
Le piano Erard dans l'atelier de Rosa Bonheur à Thomery
Buste de Caroline Miolan-Carvalho chez Rosa Bonheur
Depuis 1892, Jean-Baptiste-Marie CHOLLET, chanteur à l'Opéra de Paris, au Théâtre Italien et à l'Opéra Comique décédé à Nemours, repose au cimetière de Saint-Pierre-lès-Nemours. Visite du cimetière de Saint-Pierre-lès-Nemours : http://77000.canalblog.com/archives/2016/07/03/34041556.html
Le 8 août 1894 la célèbre pianiste Berthe MARX épouse le compositeur et critique musical Otto GOLDSCHMIDT en la mairie de Bourron-Marlotte. Ils demeurent alors au 14 rue Cicéri.
Quelques années plus tard, en 1897, le compositeur anglais Frédérick DELIUS se fixe à Grez-sur-Loing rue Wilson, tout près de l'église, où il reste jusqu'à sa mort en 1934. Il y reçoit Edward ELGAR en mai 1933.
Gagné par la cécité, il ne cesse de travailler grâce à ses disciples qui écrivent sous sa dictée. Dans cette maison au bord du Loing, il compose "Appalachia", "A village Roméo and Juliet", "A Song of the High Hills", "On hearing the first Cuckoo in Spring", le quatuor à cordes...
Plaque commémorative sur La maison de Frédérick Delius la maison de Delius. à Grez-sur-Loing.
En 1898, Louis-Amédée MANTE, contrebassiste à l'Opéra de Paris, s'installe à Seine-Port 5 avenue Jobert, il y restera jusqu'à sa mort en 1913.
La même année, l’écrivain Edouard Dujardin achète le château de Val Changis rue des Basses Loges à Avon. Il y reçoit régulièrement Paul DUKAS son ancien condisciple du Conservatoire de Paris où il a étudié la composition musicale, mais aussi Pablo CASALS ou Alfred CORTOT. Il est le cofondateur de la "Revue Wagnérienne".
Auparavant, cette demeure avait été habitée par Léopold DAUPHIN, violoniste, compositeur et poète (ami de Stéphane Mallarmé), il a notamment participé à l'écriture du fameux Solfège de Marmontel.
En 1899, Jules MASSENET revient en Seine-et-Marne où il achète le château d'Egreville, c'est là qu'il compose "Cléopâtre", "Chérubin" qu'il termine "Le Jongleur de Notre-Dame" et le "Concerto pour piano et orchestre".
Deux photos de Jules Massenet dans sa propriété d'Egreville
Le château de Jules Massenet à Egreville .
A la fin du XIX° siècle, à Bourron-Marlotte le peintre Louis Auzende recevait souvent 9 rue Armand Charnay la soprano comédienne Jeanne GRANIER qui, remarquée par Jacques Offenbach, joua ses principaux rôles.
La maison où séjournait la soprano commédienne Jeanne Granier à Bourron-Marlotte
A la même époque, le peintre, pianiste, compositeur et chef d’orchestre Eugène DIAZ de la PENA habite la même commune à l’angle de la rue Mürger et l’avenue du général Leclerc (maison aujourd’hui détruite)
Emplacement l'ancienne maison du pianiste Eugène Diaz de la Pena à Bourron-Marlotte
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Au début du XX° siècle, Odette de MONTESQUIOU épouse du comte de Brye, harpiste, compositeur, membre du Sextuor de harpes de Paris, séjourne fréquemment au château de ses parents à Bourron-Marlotte.
Le château de la famille de Montesquiou-Fezensac à Bourron-Marlotte
A la même époque, toujours à Bourron-Marlotte, le violoniste Lucien CAPET s’installe au 6 rue Delort.Il a notamment créé la 2e sonate pour violon et piano de Gabriel Fauré avec l’auteur.
La maison du violoniste Lucien Capet puis de Marguerite Debrie à Bourron-Marlotte
A sa suite c’est sa pianiste Marguerite DEBRIE, ancienne élève de Raoul Pugno au Conservatoire de Paris (1er Prix en 1900), qui a repris la maison. Elle y a enseigné le piano de nombreuses années. Egalement compositrice, elle laisse notamment un recueil de 12 pièces pour piano (1912). (Elle repose au cimetière de la commune, visite: Une pléiade de peintres au cimetière de Bourron-Marlotte - Mémoire de Seine-et-Marne (canalblog.com)
Elle a régulièrement collaboré avec son amie la violoniste Marie-Ange HENRY BROUCHOT qui habitait au 76 rue du général de Gaulle. Cette dernière, soliste des grands concerts Colonne, Pasdeloup et Lamoureux, avait obtenu son 1er Prix de violon au Conservatoire de Paris devant un jury présidé par Gabriel Fauré.
La maison de la violoniste Marie-Ange Henry à Bourron-Marlotte
A la même époque le violoncelliste Camille DELOBELLE s'installe au 10 rue Numa Gillet à Montigny-sur-Loing où il restera jusqu'à sa mort. Il était membre du fameux Quatuor Capet qui laisse de nombreux enregistrements.
La tombe de Camille Delobelle au cimetière de Montigny-sur-Loing
Dans la première moitié du XX° siècle, le compositeur et musicologue Alexis ROLAND-MANUEL, disciple et biographe de RAVEL, séjourne fréquemment à Saint-Pierre-lès-Nemours dans la propriété située à l'angle de l'avenue Léopold Pelletier et du chemin de la messe, où il reçoit plusieurs fois Igor STRAVINSKI. Son fils Claude ROLAND-MANUEL, producteur et réalisateur sur France-Culture repose au cimetière de cette commune.
L'entrée de la propriété où séjournait Alexis Roland-Manuel à Saint-Pierre-lès-Nemours
A la même époque, la pianiste virtuose Maximilienne WHETTNALL (ancienne élève de Marguerite Long et d’Yves Nat), a accueilli plusieurs fois dans sa villa L’Ombrage 18 Grande rue à Barbizon, Arthur RUBINSTEIN et Samson FRANCOIS qui venaient y préparer leurs concerts.
La villa l'Ombrage à Barbizon où séjournèrent Arthur Rubinstein et Samson François
Entre 1902 et 1912, Albert ROUSSEL séjourne en Seine-et-Marne : à Bois-le-Roi dans la villa L'Ermitage, avenue de la forêt, et dans la villa du Bon Air avenue de la gare. C'est en 1904 qu'il y compose les Trois Rustiques et y imagine le mouvement symphonique Soir d'été qui deviendra le troisième mouvement de sa Première Symphonie sous-titrée Le Poème de la forêt. Dans les mêmes années on le retrouve également à Sainte-Colombe (à côté de Provins) rue des Acacias, dans une villa alors appelée le Château des grenouilles. Il y compose, entre autres, sa Première Sonate pour violon et piano achevée en août 1908, « le Marchand de sable qui passe » terminé le 23 Octobre 1908, la mélodie « Flammes », et y invite son ami Camille SAINT-SAENS.
L'avenue de la gare à Bois-le-Roi
En 1904, le violoniste (violon solo des Concerts Lamoureux) et chef d’orchestre Isidore MENDELS achète la villa « Les Sorbiers » sise au 21 rue Auguste Allongé à Bourron-Marlotte. Il y reste jusqu’en 1920 pour aller habiter Fontainebleau rue royale où il meurt en 1927. (Il a eu l’honneur de jouer la Sonate de César Franck avec l’auteur) . A Bourron-Marlotte, il reçoit fréquemment son neveu Emile MENDELS également violoniste virtuose, ainsi que ses maîtres et amis Gabriel FAURE et Camille SAINT-SAËNS.
La villa Les Sorbiers rue Auguste Allongé à Bourron-Marlotte propriété du violoniste Isidore Mendels
A cette époque, Maurice RAVEL, Claude DEBUSSY, Reynaldo HAHN et Arthur RUBINSTEIN sont souvent les hôtes de leur ami le poète académicien Fernand GREGH qui possède un demi-queue Pleyel dans sa villa "Le Bois Bliaud" à Thomery, 22 Rue Fernand Gregh.
La villa " Le Bois Bliaud " à Thomery
Plaque apposée en 2023 sur la maison de Fernand Gregh
On retrouve encore Maurice RAVEL à Vulaines-sur-Seine où il séjournait souvent chez ses amis Ida et Cipa GODEBSKI dans leur villa "La Grangette" quai Mallarmé, c'est là qu'il a composé en 1908 "Ma mère l'Oye" dédiée à Jean et Mimie les enfants du couple.
La villa " La Grangette " à Vulaines-sur-Seine
En 1908, le compositeur et organiste de l’église Saint-Merry à Paris, Paul WACHS achète un terrain 2 rue Auguste Allongé à Bourron-Marlotte sur lequel il fera édifier en 1909 une maison qu’il baptisera « Les Myrtes » (du nom d’une de ses valses). Malheureusement, gagné par la cécité il quittera définitivement Bourron-Marlotte en 1915.
La villa Les Myrtes de Paul Wachs à Bourron-Marlotte
En 1909, la soprano de l’Opéra de Paris Lucienne BREVAL, spécialiste de Wagner, achète le chalet du Clos Bon Dieu en bord de Seine à Thomery. Sa famille l’a conservé jusque dans les années 1950.
Le chalet le Clos du Bon Dieu à Thomery
Depuis 1909, le compositeur Auguste DURAND (père de Jacques), fondateur des EDITIONS MUSICALES DURAND Place de la Madeleine à Paris, repose au cimetière d'Avon.
En 1909 et 1910, le pianiste et compositeur d’origine polonaise Maurice MOSZKOWSKI loue la villa au 75 rue Mürger à Bourron-Marlotte .
La villa louée par Maurice Moszkowski 75 rue Mürger à Bourron-Marlotte
A partir des années 1911, le pianiste violoniste compositeur Joseph SZULC et son épouse l’artiste lyrique Suzy DELSART, passent tous leurs étés au 14 rue Ciceri à Bourron-Marlotte
La villa louée par Joseph Szulc rue Cicéri à Bourron-Marlotte
Le 17 août 1912, après une simple messe basse célébrée en l'église Saint-Martin d'Egreville, sans une note de musique ni de chants religieux selon sa volonté formelle, Jules MASSENET est enterré au cimetière du village.
Plaque souvenir en l'église Saint-Martin d'Egreville
La tombe de Jules Massenet au cimetière d'Egreville
Lorsqu'éclate la 1ère guerre mondiale en 1914, Reynaldo HAHN est mobilisé à Melun au 31° Régiment d'Infanterie.
Pendant la guerre de 1914-1918, la violoniste et compositrice américaine Julia KLUMPKE (élève d'Eugène Ysaye à Bruxelles et plus tard de Nadia Boulanger à Fontainebleau) vient demeurer chez sa sœur Anna, peintre, lorsque cette dernière installe un hôpital pour les soldats blessés au château de Rosa Bonheur à Thomery.
Le château de Rosa Bonheur à Thomery
En 1917, la violoniste australienne Leila WADELL séjourne avec son ami l’écrivain Aleister Crowley à Fontainebleau au 4bis rue de Neuville. Professeur de violon à Sidney, elle excellait particulièrement dans les interprétations des compositeurs Wieniawski et Vieuxtemps. Elle fit des tournées en Angleterre, en France et aux Etats-Unis. (Elle rata de peu l’achat de son billet pour le Titanic aux dates de la traversée qui lui aurait été fatale).
Le 14 septembre 1918 naît à Moret-sur-Loing Paul BONNEAU, 1er Prix de Composition au Conservatoire de Paris qui devient pendant 30 ans Chef d'Orchestre de Musique Symphonique légère à la Radio Nationale puis à l'ORTF.
Vue générale de Moret-sur-Loing
A Avon, le manoir de Bel-Ebat fut la propriété des éditeurs de musique Auguste puis Jacques DURAND.
Dans ce havre de paix, ils reçurent tous les grands compositeurs de l'époque : Camille SAINT-SAENS, Claude DEBUSSY, Gabriel FAURE, Maurice RAVEL, Francis POULENC, Guy ROPARTZ, Paul DUKAS, Albert ROUSSEL, Florent SCHMITT, Jules MASSENET, Louis AUBERT, Roger DUCASSE, Charles-Marie WIDOR, Gabriel PIERNE, Erik SATIE, Robert CASADESUS, Nadia BOULANGER...
Le fameux piano Pleyel sur lequel jouèrent ces musiciens est toujours en place dans le salon de musique. (piano quart de queue PLEYEL-WOLF N° 618 construit en 1896, classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1994). De nombreux contrats avec l'éditeur furent signés à Bel-Ebat et beaucoup d'oeuvres de ces compositeurs furent jouées en avant-première dans le salon de musique de ce manoir.
C'est au pavillon de l'Erable, dans le parc, qu'est né le 22 septembre 1907 René NICOLY, fondateur des Jeunesses Musicales de France (JMF), qui termina sa carrière comme directeur de l'Opéra de Paris.
Le manoir de " Bel-Ebat " à Avon
Le salon de musique du manoir du Bel-Ebat
Le piano Pleyel du manoir du Bel-Ebat
Entre 1920 et 1968, les musiciens qui concourent pour le Grand Prix de Rome, ceux qu'on appelle les "logistes", résident au château de Fontainebleau dans l'aile Louis XV, parmi eux : Olivier MESSIAEN, Marcel LANDOWSKI, Roger BOUTRY, Henri DUTILLEUX, Paul FIEVET, Gaston LITAIZE, Raymond LOUCHEUR, Elsa BARRAINE, René CHALLAN, Jean-Claude HENRY, Adrienne CLOSTRE, Charles CHAYNES, Henri TOMASI, Yvonne DESPORTES, Alain WEBER, Rolande FALCINELLI, Georges DELERUE, Alain LOUVIER...
L'aile Louis XV du château de Fontainebleau où résidaient les " logiste " du Grand Prix de Rome
Depuis juin 1921, le château de Fontainebleau accueille dans ses locaux le CONSERVATOIRE AMERICAIN fondé par Francis CASADESUS, soutenu par Camille SAINT-SAËNS.
La salle du Jeu de Paume du château de Fontainebleau où étaient donnés les concerts du Conservatoire Américain jusque vers les années 1980
Cette institution qui vit encore tous les étés a été dirigée par de grands musiciens :
Francis CASADESUS, Charles-Marie WIDOR, Max d'OLLONNE, Maurice RAVEL, Marcel DUPRE, Camille DECREUS, Robert CASADESUS, Nadia BOULANGER, Narcis BONNET, Jean-Pierre MARTY, Philippe ENTREMONT, Philippe BIANCONI, Diana LIGETI.
Elle a reçu toute une pléiade de solistes et de compositeurs : Maurice RAVEL, Francis POULENC, Igor STRAVINSKI, Jean FRANCAIX, Henri DUTILLEUX, Albert ROUSSEL, André MESSAGER, Florent SCHMITT, Isidor PHILIPP, Georges ENESCO, Paul BAZELAIRE, Lucien CAPET, André MARCHAL, Arthur RUBINSTEIN, Jean DOYEN, Maurice MARTENOT, Georges DANDELOT, Gérard SOUZAY, Maurice GENDRON, Yehudi MENUHIN, Mstislav ROSTROPOVITCH, Paul PARAY, Léonard BERNSTEIN, Yvonne LORIOD, Pierre BOULEZ, Miguel-Angel ESTRELLA, Narciso YEPES, Renaud FONTANAROSA, Régis PASQUIER, Pierre AMOYAL, Emile NAOUMOFF...
Un programme du Conservatoire Américain en 1925
1953, de droite à gauche : Maurice Gendron, Nadia Boulanger, Francis Poulenc, Pierre Bernac, Jean Françaix devant l'escalier en fer à cheval du château de Fontainebleau.
Ancienne enseigne du Conservatoire Américain de Fontainebleau
Enseigne du Conservatoire Américain de Fontainebleau
Nadia Boulanger et Igor Stravinski, Fontainebleau 15.08.1938
2021 : centenaire des Ecoles d'Art Américaines.
Place Nadia Boulanger à Fontainebleau (angle rue P-C Comte et rue des Provenceaux).
En 1921, le jeune pianiste et compositeur américain Aaron COPLAND vient suivre les cours de Nadia Boulanger au Conservatoire américain, il séjourne au 195 rue Saint-Merry à Fontainebleau.
La maison où a séjourné Aaron Copland à Fontainebleau
Le 9 octobre 1921 la compositrice Adrienne CLOSTRE voit le jour au 32 Rue Sadi Carnot à Thomery. Elle remportera le Premier Grand Prix de Rome en 1949 et le Grand Prix Musical de la Ville de Paris en 1955.
La maison natale d'Adrienne Clostre à Thomery
En octobre 1922, Thomas Alexandrovitch de HARTMANNcompositeur russe, pianiste et professeur de composition (ancien élève de Rimski-Korsakov), s’installe au Prieuré d’Avon où il est hébergé chez son compatriote le philosophe et maître spirituel Georges Gurdjieff . Dans le salon de cette belle demeure trône un grand Pleyel de concert où il compose plusieurs œuvres souvent sous l’inspiration de Gurdjieff. De Hartmann quitte Avon en 1929.
Le Prieuré à Avon
De 1922 à 1950, la villa "La Chansonnière" Rue Renoult à Bourron-Marlotte fut un petit paradis de la musique où se retrouvaient principalement le violoniste Jules BOUCHERIT et la pianiste MAGDA TAGLIAFERRO (propriétaire de la villa), mais aussi les violonistes Jacques THIBAUD, Ginette NEVEU, Denise SORIANO (l'épouse de Jules Boucherit), Ivry GITLIS, Adolphe PIRIOU, Serge TENENBAUM, Michel SCHWALBE, Devy ERLIH, Joseph BILEWSKI, Edmond NADAUD, les pianistes Alfred CORTOT, Wladimir HOROWITZ, Edouard RISLER, Georges BOSKOFF, Victor GILLE, la cantatrice Alice RAVEAU, le violoncelliste Pablo CASALS et le compositeur Reynaldo HAHN. (Jules Boucherit était professeur de violon au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. A la fin de l'année 1941, alors que les lois anti-juives se durcissent, avec la complicité du nouveau directeur du conservatoire Claude Delvincourt, il décide de déplacer ses cours dans la villa de Bourron-Marlotte en prétextant des raisons de santé, mettant ainsi à l'abri des persécutions les élèves juifs et parfois leur famille également).
La villa " La Chansonnière " à Bourron-Marlotte
Plaque commémorative sur " La Chansonnière "
En 1924, le pianiste concertiste Camille DECREUS, soliste des concerts Pasdeloup, devient directeur du Conservatoire Américain de Fontainebleau après y avoir été professeur de piano.
La tombe de Camille Decreus au cimetière de Fontainebleau
En août 1924, Jacques DURAND termine son livre "Quelques souvenirs d'un éditeur de musique" au manoir de Bel-Ebat à Avon.
Le livre de Jacques Durand (exemplaire de la Médiathèque d'Avon)
L'altiste Pierre PASQUIER, fondateur en 1927 du célèbre TRIO PASQUIER, habitait les étés l'ancienne sous-préfecture de Fontainebleau Place Descamps (son fils Régis le célèbre violoniste est né à Fontainebleau le 12 octobre 1945).
L'ancienne sous-préfecture de Fontainebleau
Le 26 août 1928, l'éditeur de musique Jacques DURAND est inhumé au cimetière d'Avon dans la tombe familiale. Maurice RAVEL assiste à la cérémonie civile qui a lieu dans l'intimité.
La tombe de la famille Durand au cimetière d'Avon
En 1929, traversant une crise dépressive, Francis POULENC est hébergé par la famille de Noailles à l’Ermitage de Pompadour, 3 boulevard Magenta à Fontainebleau. C’est là qu’il compose « Aubade », concerto chorégraphique pour piano et 18 instruments, dédié à Charles et Marie-Laure de Noailles.
L'entrée de l'Ermitage de Pompadour à Fontainebleau
Entre 1929 et 1935 le fameux ténor de l'Opéra de Paris Georges THILL réside à Bois-le-Roi dans la villa "Le Rocher" 11 Avenue de la Forêt.
La maison de Georges Thill à Bois-le-Roi
En octobre 1932, le violoncelliste et compositeur Claude FIEVET est nommé directeur de l’Ecole de Musique de Fontainebleau nouvellement créée. Son fils le pianiste et compositeur Paul FIEVET, régulièrement joué aux concerts Colonne, Lamoureux et Pasdeloup, lui succèdera en 1938 et restera à la tête de cet établissement jusqu’en septembre 1973.
Plaque commémorative sur la façade de l'Ecole de musique de Fontainebleau
En 1935 le compositeur et violoncelliste Paul BAZELAIRE fait construire 10 rue Le Nôtre à Fontainebleau une villa : "La Fanchonnette". C'est là qu'il écrit en 1958 une oeuvre pour piano le Prélude en fa mineur pour la main droite. Dans cette demeure il reçoit ses élèves du Conservatoire de Paris et ceux du Conservatoire américain de Fontainebleau.
Détail de la tombe de Paul Bazelaire au cimetière de Fontainebleau
Lors de la seconde guerre mondiale en 1939, le compositeur André JOLIVET est mobilisé à Fontainebleau.
En 1948, à son retour des Etats-Unis la compositrice Fernande BREILH-DECRUCK s’installe à Fontainebleau au 52 Rue d’Avon. Elle y compose Fantaisie-Prélude pour violoncelle et piano, Pavane pour hautbois, clarinette et basson ou Recueillement pour violon ou violoncelle et piano et aussi plusieurs trios d’anches. Nommée professeur d’harmonie et d’histoire de la musique à l’Ecole municipale de musique de Fontainebleau, elle fut également titulaire des grandes orgues de l’église Saint-Louis de Fontainebleau. En 1952, à la suite d’un refroidissement contracté à l’orgue, au cours de la messe de minuit, elle fut victime d’une première attaque cérébrale qui la rendit hémiplégique et la diminua beaucoup physiquement. Elle ne connut pas d’amélioration et fut finalement emportée par une dernière attaque le 6 août 1954. Elle repose au cimetière de Fontainebleau.
En 1951, le célèbre guitariste de jazz Django REINHARDT s'installe à Samois-sur-Seine 3 Rue du Bas Samois. Il y meurt le 16 mai 1953 et est enterré au cimetière du village.
La maison de Django Reinhardt à Samois-sur-Seine
L'enterrement de Django Reinhardt au cimetière de Samois-sur-Seine
La tombe de Django Reinhardt
Visite du cimetière de Samois-sur-Seine : http://77000.canalblog.com/archives/2019/02/25/37130844.html
Dans les années 1960, le compositeur slovène Bozidar KANTUSER, élève d'Olivier Messiaen, s'installe à Fontainebleau dans la villa Bois Couvert en bordure de forêt pour une quinzaine d'années. C'est dans cette ville qu'il fonde en 1968 la Bibliothèque Internationale de Musique Contemporaine (BIMC). Cet établissement qui regroupe plus de 23000 partitions de plus de 3000 compositeurs, de 70 pays différents, installé jusqu'en 1970 au 1er étage de la Villa Lavaurs (88 rue Saint-Honoré), est maintenant hébergé à Paris au Conservatoire National Supérieur de Musique (médiathèque Hector Berlioz).
La villa Lavaurs à Fontainebleau
A la même époque, l’écrivain et journaliste Alfred Fabre-Luce reçoit plusieurs fois dans son château de La Rivière à Thomery Nadia BOULANGER qui y organise quelques concerts avec ses élèves du Conservatoire américain de Fontainebleau.
Le château de La Rivière à Thomery
En 1971, suite à son décès subit alors qu'il était directeur de l'Opéra de Paris, René NICOLY repose au cimetière d'Avon. Né dans cette commune en 1907, il est le fondateur des Jeunesses Musicales de France (J.M.F.)
En 1974 le violoncelliste Maurice GENDRON s'intalle à Grez-sur-Loing 10 rue de Hulay. Il y habite jusqu'à son décès le 20 août 1990. Il est inhumé au cimetière de cette commune.
Plaque commémorative sur la maison de Maurice Gendron à Grez-sur-Loing
D'octobre 1979 à juillet 1997, le prêtre jésuite Joseph GELINEAU, compositeur et liturgiste, est le curé de la paroisse d'Ecuelles. Il est le créateur de la psalmodie en langue Française et a remporté le Prix de l'Académie Charles CROS en 1953 pour son Psautier.
L'église d'Ecuelles
Jusqu'en 1985, Jean MAILLARD médiéviste, musicologue, est professeur d'Education Musicale au Lycée François 1er de Fontainebleau et à la Schola Cantorum de Paris, à Paris IV Censier et Paris IV Sorbonne. Outre ses ouvrages d'érudition sur la période médiévale, il laisse de nombreuses publications sur la musique et les musiciens français, et sur les traditions musicales populaires. Il est décédé en pleine délibération du Baccalauréat.
Son épouse Francine MAILLARD née Cabos également musicologue repose à ses côtés depuis 2018.
La tombe de Jean et Francine Maillard au cimetière de Fontainebleau
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Afin de préserver la vie privée des musiciens et compositeurs contemporains vivant dans cette région,
j'ai volontairement omis de créer un chapitre XXI° siècle.
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Jean-Michel Saincierge 2004-2015-2022 - Tous droits réservés - Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, les photos et les textes sont protégés par le Droit d'Auteur.
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SOURCES
Livres et publications :
Le manoir de Bel Ebat par Christian Voisin François Doury Editions du Puits Fleuri 2002
Quelques souvenirs d'un éditeur de musique par Jacques Durand Ed. Durand et Cie 1924-1925
Histoire de Bourron-Marlotte par Henri Froment Amis de Bourron Marlotte
Les artistes de Bourron-Marlotte par Pierre Lagrange Amis de Bourron-Marlotte 1955
Bourron-Marlotte, si les maisons racontaient par Marie-Claude Roesch-Lalance Amis de Bourron-Marlotte 2012
Spécial Thomery par la Revue de Moret 1997 (réimpression 2006)
Thomery, ouvrage collectif Ed. du Paroi 1970
Veneux-les-Sablons par Jean-Michel Regnault Ed. Amattteis 1991
Fontainebleau Avon 1900 cartes postales anciennes par Fred d'Huve AKFG éditions, mars 2015
Fontainebleau et ses villages d'art par Patrick Daguenet Ed.Presses du Village 2002
Fontainebleau La Revue d'histoire de la Ville et de sa région, divers numéros
Les Ecoles d'Art Américaines de Fontainebleau 1921-2021 Ed. Gourcuff-Gradenigo 2020
Musique et fêtes, La Seine-et-Marne au rythme de Paris par Patrick Daguenet/Hélène Boscheron Ed.Presses du Village 2005
La Seine-et-Marne au XX° siècle par Chantal Antiron et Patrick Daguenet Ed. Presses du Village 2000
Les Affolantes des bords de Seine par Marie-Françoise Laborde, Somogy éditions d'art 1999
Melun à la belle époque par René-Charles Plancke Ed. Amatteis 1992
Seine-Port, son histoire, ses vieilles maisons par Dominique Paladilhe 1995 (consultable sur internet)
Rosa Bonheur par Marie Borin chez Pygmalion 2011
Rosa Bonheur Liberté est son nom par Gonzague Saint-Bris chez Laffont 2012
Guide de la Musique d'Orgue par Gilles Cantagrel chez Fayart 1991
Les anciens buffets d'orgue de Seine et Marne par Félix Raugel chez Fischbacher 1928 et 1972
A propos de César Franck par Nobert Dufourcq Revue L'orgue n° spécial 201-1987
César Franck L'homme et son oeuvre par Maurice Kunel, Grasset 1947
Franck par Jean Gallois Ed. Seuil coll. Solfèges 1966
Revue l'Education Musicale juin 2010
Les premiers Couperin dans la Brie par Marcel Thomas Ed. Picard 1978
Massenet par P. Bessand-Massenet Ed. Julliard 1979
Bizet par Jean Roy Ed. Seuil 1983
Fauré par Jean-Michel Nectoux Ed. Seuil 1985
Divers dictionnaires de Musique ...
Presse locale :
-La République de Seine-et-Marne
-L'Eclaireur du Gâtinais
-Le Parisien
-Divers Bulletins Municipaux
Sites :
Ville de Fontainebleau
Ville d' Avon
Ville de Bourron-Marlotte
Ville de Samois-sur-Seine
Archives Départementales
Château de Fontainebleau
Fontainebleau Schools (Conservatoire Américain)
The Conversation Femmes cachées de l'histoire : Leila Waddel
Cimetières de France et d'ailleurs
Le manoir de Bel Ebat par Marc Zbinden blogpost
Les grandes heures de Bourron-Marlotte
Barbizon village des peintres
Site Jules Massenet
En avant Thomery
Roland-Manuel blogpost
Gustave Lefèvre le provinois oublié
Bibliothèque Bozidar Kantuzer
Bnf Gallica Le Ménestrel Ignace Pleyel 8 janvier 1932
Musica et Memoria
Mémoire de Seine-et-Marne
Balade orgues sud 77
Fondation Albert Roussel
Site Fernande Decruck
Les Amis de Maurice Ravel
Anguelos
Casadesus.com
The Frederick Delius website
Site Philippe Verdelot
Wikisource page Massenet Mes Souvenirs 1912
L'Art Lyrique Français
Wikipédia
PHOTOS Thomas GOREN et Jean-Michel SAINCIERGE
Les photos en noir et blanc ont été trouvées sur internet.